Le rapport Lighthouse d’octobre 2025 offre une vision de l’offre locative et de la consommation (essentiellement pour la plateforme Airbnb). Ces données se lisent à deux échelles : la Ville de Sarlat (le cœur urbain) et l’EPCI Sarlat Périgord Noir (la destination globale, qui inclut la ville).
Le constat majeur de cet automne ? Si l’offre de logements continue de croître partout, la demande (les nuitées), elle, se déplace légèrement : la ville de Sarlat arrive à maturité tandis que la croissance du volume de réservations est portée par les communes environnantes.
Voici l’analyse détaillée des tendances.
1. L’offre (stock de logements) : une croissance plus forte en périphérie
Le parc locatif continue de s’étoffer sur l’ensemble du territoire, intensifiant la concurrence, mais la dynamique diffère selon la zone.
- Sarlat : le nombre de propriétés actives en octobre s’élève à 1 255, soit une augmentation de +3,3 % par rapport à l’an passé.
- À l’échelle de l’EPCI : l’offre totale atteint 2 174 propriétés, marquant une hausse plus significative de +5,4 %.
L’EPCI croît plus vite que la ville seule, l’offre de nouveaux logements croît fortement dans les communes périphériques. Les locations se positionnent désormais davantage sur la “campagne” sarladaise que sur le centre historique.
2. La demande (nuitées réservées) : Sarlat résiste, l'EPCI progresse
C’est sur le volume de nuits réservées (la performance réelle) que l’écart se creuse légèrement sur l’année.
- Sur la Ville de Sarlat : la fréquentation marque le pas. Sur les 10 premiers mois de l’année (janvier-octobre), le cumul des nuits réservées est de 106 714, en léger recul de -0,7 %. Le mois d’octobre seul est stable (-0,1 %).
- Sur l’ensemble de l’EPCI : la dynamique est positive. Sur la même période (janvier-octobre), le territoire enregistre 168 325 nuits, soit une croissance de +1,5 %.
La “locomotive” Sarlat maintient ses volumes, mais le moteur de la croissance en 2025 se situe sur le reste du territoire de l’EPCI.
Conséquence sur les prix : Face à cette offre grandissante, les prix s’ajustent à la baisse pour capter la clientèle. En octobre, le tarif moyen (ADR) a reculé de -1,4 % à Sarlat (145 €) et de -3,2 % sur l’ensemble de l’EPCI (149 €).
3. Focus stratégie : analyse des courbes de réservation à venir
Cette section se base sur une lecture technique des graphiques de montée en charge des réservations au 17/11/2025 présentés aux pages 12 et 23 du rapport.
Au-delà du bilan passé, ces graphiques nous permettent d’anticiper le rythme des réservations pour les mois futurs. En comparant la courbe de l’année à venir (en gris) avec celles des années précédentes, trois tendances structurelles apparaissent :
A. Le pic “structurel” du Nouvel An
Que ce soit pour la Ville ou l’EPCI, la première semaine de janvier reste le sommet absolu de l’hiver. La courbe des réservations monte verticalement. C’est une constante : le territoire est une valeur refuge pour les fêtes de fin d’année.
B. L’anomalie positive de Février 2026
C’est le signal le plus intéressant pour votre stratégie hivernale. Habituellement, après le pic du 2 janvier, les courbes de réservation chutent et restent plates jusqu’au printemps. Or, pour 2026, la courbe grise se maintient à un niveau supérieur aux années précédentes sur les deux graphiques.
- Les chiffres confirment cette impression visuelle : 1 223 nuits sont déjà réservées sur l’EPCI pour février 2026 , dont 773 nuits sur Sarlat même.
- L’enseignement : Il existe une demande précoce pour février cette année, supérieure à la normale. Les voyageurs anticipent leurs vacances d’hiver plus tôt qu’à l’accoutumée.
C. Le Printemps : la prime à l’EPCI
Pour le printemps 2026 (avril-mai), le comportement des courbes diffère :
- Sur le graphique de l’EPCI, on distingue déjà des pics de réservation nets pour les vacances de Pâques et les ponts. Avec plus de 2 000 nuits déjà bloquées pour avril et près de 2 800 pour mai.
- Sur Sarlat-Ville, cette anticipation est moins marquée visuellement pour l’instant.
- Cela suggère que les maisons et gîtes de capacité familiale (plus présents en périphérie) sont réservés bien plus en amont que les appartements de centre-ville.
Le conseil pro : Ne fermez pas vos calendriers en février ! L’analyse graphique prouve qu’une demande inhabituelle (positive) se forme pour cette période.