Locatif touristique Sarlat – Périgord Noir : ce que les données Airbnb révèlent du premier semestre et de juillet 2026

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Avant d’entrer dans le détail, une précision de méthode s’impose. Les chiffres qui suivent portent exclusivement sur les réservations réalisées via Airbnb, plateforme étudiée par AirDNA. Si Airbnb est aujourd’hui l’acteur majeur de la location de courte durée, il n’est pas le seul : d’autres canaux (agences, plateformes concurrentes, réservation directe, meublés déclarés hors plateforme) participent à l’activité du territoire. Les tendances décrites ici concernent donc une partie significative, mais non exhaustive, du parc locatif de l’EPCI, et ne peuvent être mécaniquement généralisées à l’ensemble du secteur.

Un premier semestre en croissance sur tous les indicateurs, sauf le taux d'occupation

Sur les six premiers mois de 2026, l’activité locative mesurée sur Airbnb dans l’EPCI Sarlat Périgord Noir poursuit sa progression, dans la continuité d’une tendance haussière observée depuis 2024.

L’offre continue de s’étoffer. Le nombre d’annonces disponibles progresse mois après mois : de 926 logements en janvier à 1 583 en juin 2026. La comparaison avec les deux années précédentes montre un mouvement de fond. En juin, on comptait 1 437 logements en 2024, 1 475 en 2025, puis 1 583 en 2026, soit une hausse de 7,3 % sur un an. Le nombre de nuits ouvertes à la réservation suit la même dynamique : sur le seul mois de mai, l’offre passe de 35 731 nuits en 2024 à 34 236 en 2025, puis remonte nettement à 37 238 en 2026 (+8,8 %).

La fréquentation progresse, mais plus modérément que l’offre. Les nuits effectivement réservées de janvier à juin s’inscrivent en hausse sur un an, avec des mois contrastés : février (-4 %) et mars (-6,7 %) reculent, tandis que mai (+3,1 %) et juin (+3,4 %) tirent le semestre vers le haut. Sur trois ans, juin illustre bien la tendance : 18 189 nuits réservées en 2024, 20 499 en 2025, puis 21 198 en 2026. La demande progresse donc, mais à un rythme inférieur à celui de l’offre, ce qui pèse mécaniquement sur les taux d’occupation.

Les taux d’occupation reculent légèrement. Sur la première moitié de l’année, la plupart des mois affichent un taux d’occupation en baisse par rapport à 2025 : février perd 3,1 points, mars 3,1 points, avril 6,1 points, mai 2,9 points. Seul juin reste stable (+0,2 point, à 54,2 %). Ce tassement traduit le décalage entre une offre qui croît vite et une demande qui progresse plus lentement.

Les tarifs compensent largement. Le tarif journalier moyen est le grand moteur de la performance financière du semestre. Après un léger repli en 2025, il rebondit nettement en 2026 : +12,5 % en mars, +6 % en mai, +7,9 % en juin. Sur trois ans, la trajectoire de juin est parlante : 128 € en 2024, 123 € en 2025, puis 133 € en 2026. Cette progression tarifaire soutient le revenu par nuit disponible (RevPAR), qui atteint 72 € en juin 2026 (+8,3 %), et surtout le revenu total mensuel : mai (+9,3 %) et juin (+11,5 %) enregistrent les plus fortes hausses du semestre.

Juillet 2026 : un mois de forte activité porté par les tarifs

Juillet confirme et amplifie les tendances du semestre.

Du côté de l’offre, le mois compte 1 764 logements disponibles, contre 1 675 en 2025 et 1 576 en 2024, soit +5,3 % sur un an. Les nuits ouvertes à la réservation atteignent 44 811, en hausse de 6,5 %.

La fréquentation progresse plus modestement : 31 722 nuits réservées, contre 30 922 en 2025 et 27 908 en 2024, soit +2,6 % sur un an. Comme au premier semestre, l’offre croît plus vite que la demande, ce qui explique le léger recul du taux d’occupation, à 70,8 % contre 73,5 % en 2025 (-2,7 points) — un niveau qui reste néanmoins parmi les plus élevés de l’année.

C’est encore la dynamique tarifaire qui fait la différence. Le tarif journalier moyen atteint 153 € en juillet 2026, contre 142 € en 2025 et 144 € en 2024, soit +8,2 % sur un an. Résultat : le RevPAR grimpe à 108 € (+4,2 %) et le revenu total mensuel s’établit à 4 858 096 €, en progression de 11 % sur un an. Sur trois ans, ce revenu passe de 4,01 M€ (2024) à 4,38 M€ (2025) puis 4,86 M€ (2026), soit une croissance continue et marquée. La durée moyenne de séjour recule légèrement, à 5,4 nuits contre 5,7 en 2025, tandis que le délai de réservation reste élevé et stable (87,3 jours).

Perspectives : un été porteur, une fin d'année en repli apparent

À partir de l’automne, la tendance s’inverse. Octobre marque déjà une stabilisation (nuits à -1 %, revenu à 0 %), avant un décrochage plus net sur la fin d’année : novembre est attendu en fort repli (nuits à -23 %, revenu à -18 %), décembre en baisse également (-18 % de nuits, -11 % de revenu), et janvier 2027 clôt la période sur le recul le plus prononcé (-32 % pour les nuits comme pour le revenu).

Ces prévisions doivent toutefois être lues avec prudence : elles reflètent l’état du carnet de réservations à la mi-août, sur des mois encore largement ouverts à la commercialisation. Les fortes baisses annoncées pour la fin d’année tiennent en partie au délai de réservation, plus court en basse saison : une part importante des réservations d’automne et d’hiver se concrétise tardivement et n’apparaît pas encore dans les chiffres à cette date. Là encore, ces projections ne concernent que l’activité Airbnb et ne préjugent pas de la fréquentation globale du territoire.