Comme pour chaque édition, une précision de méthode s’impose. Les chiffres qui suivent portent exclusivement sur les réservations réalisées via Airbnb, plateforme étudiée par AirDNA. Si Airbnb est aujourd’hui l’acteur majeur de la location de courte durée, il n’est pas le seul : d’autres canaux (agences, plateformes concurrentes, réservation directe, meublés déclarés hors plateforme) participent à l’activité du territoire. Les tendances décrites ici concernent donc une partie significative, mais non exhaustive, du parc locatif de l’EPCI, et ne peuvent être mécaniquement généralisées à l’ensemble du secteur.
Huit premiers mois : la croissance se poursuit, portée par les tarifs
Sur le cumul janvier-août 2026, l’activité locative mesurée sur Airbnb dans l’EPCI Sarlat Périgord Noir confirme la trajectoire haussière engagée depuis 2024, mais avec une mécanique de plus en plus nette : c’est le prix, et non le volume, qui tire la performance.
L’offre poursuit son expansion. Le cumul des annonces disponibles de janvier à août atteint 10 106 logements, contre 9 671 en 2025 et 9 482 en 2024, soit +4,5 % sur un an. Les nuits ouvertes à la réservation suivent le même mouvement : 252 276 sur huit mois, contre 240 849 en 2025 et 233 121 en 2024 (+4,7 %). Le parc mobilisé sur la plateforme continue donc de s’étoffer d’année en année.
La fréquentation, en revanche, marque le pas. Les nuits effectivement réservées de janvier à août s’établissent à 148 145, contre 147 553 en 2025 et 139 764 en 2024. La progression sur un an n’est que de +0,4 %, quand elle atteignait encore +1,1 % à fin juillet. Autrement dit, le volume de nuits vendues est désormais quasi stable sur un an, après plusieurs années de hausse plus franche (le bond 2024→2025 avait été de +5,6 %). Les mois de début d’année restent contrastés (février -3,8 %, mars -6,5 %), le printemps se redresse (mai +3,3 %, juin +3,5 %), mais l’été confirme un essoufflement des volumes.
Les taux d’occupation reculent. La tendance mensuelle moyenne sur huit mois s’établit à 58,7 %, en baisse de 2,6 points par rapport à 2025 (61,3 %). Le mouvement est général : seul juin progresse (+0,3 point). Ce recul est la conséquence directe du décalage entre une offre qui continue de croître (+4,7 % de nuits ouvertes) et une demande devenue quasi stable (+0,4 % de nuits réservées).
Les tarifs restent le moteur de la performance financière. Le tarif journalier moyen sur huit mois atteint 135 €, contre 127 € en 2025 et 130 € en 2024, soit +5,7 % sur un an. Cette hausse tarifaire soutient l’ensemble de l’édifice : le RevPAR se maintient à 79 € (+1,3 %) malgré le tassement de l’occupation, et surtout le revenu total cumulé grimpe à 19 942 666 €, contre 18 786 395 € en 2025 et 18 164 400 € en 2024, soit +6,2 % sur un an. La destination génère donc davantage de chiffre d’affaires sur la plateforme, non pas parce qu’elle vend plus de nuits, mais parce qu’elle les vend plus cher.
Août 2026 : premier recul des volumes, mais un revenu qui résiste
Le mois d’août, traditionnel pic de la saison, illustre parfaitement cette bascule.
Du côté de l’offre, le mois compte 1 778 logements disponibles, contre 1 751 en 2025 et 1 645 en 2024, soit +1,5 % sur un an — une progression nettement plus modérée que les mois précédents. Les nuits ouvertes à la réservation atteignent 48 768 (+1,8 %).
C’est sur la fréquentation que se produit le fait marquant du mois : pour la première fois de la saison, les nuits réservées reculent sur un an. On en compte 38 658 en août 2026, contre 39 264 en 2025 (mais 37 313 en 2024), soit -1,5 %. Le pic estival vend donc un peu moins de nuits qu’en 2025. Mécaniquement, le taux d’occupation baisse à 79,3 %, contre 82 % en 2025 (-2,7 points), tout en restant, comme il se doit, le plus élevé de l’année. La durée moyenne de séjour se contracte également, à 5,3 nuits contre 5,7 en 2025.
Là encore, c’est le tarif qui préserve la performance. Le tarif journalier moyen d’août atteint 153 €, contre 147 € en 2025 et 154 € en 2024, soit +3,6 % sur un an. Résultat : malgré le recul des volumes, le revenu total du mois progresse à 5 896 123 €, contre 5 778 281 € en 2025 et 5 739 075 € en 2024, soit +2 % sur un an. Le délai de réservation, à 95,4 jours, reste le plus long de l’année, confirmant l’anticipation forte des séjours d’été.
Perspectives : un automne et un hiver attendus en repli
Les prévisions arrêtées au 7 septembre 2026 confirment le scénario en deux temps déjà esquissé les mois précédents.
Septembre resterait stable en volume (nuits réservées à +0,4 %) tout en progressant en valeur (revenu à +3,5 %), prolongeant la logique prix observée sur l’ensemble de la saison. Octobre s’annonce comme le point haut des projections, avec des nuits réservées à +4,1 % et un revenu à +9,3 %.
Au-delà, la tendance se retourne nettement. Novembre est attendu en repli (nuits à -14 %, revenu à -12,5 %), décembre en baisse plus contenue (nuits à -5,8 %, revenu à -2,4 %), avant un net décrochage en début d’année 2027 : janvier reculerait de 21,9 % en nuits et de 26,4 % en revenu, et février de 30,4 % en nuits et de 22 % en revenu.